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Le mode de fonctionnement des baray est simple : remplissage par les eaux de
pluie ou par les rivières puis, en fonction de la pente naturelle du
terrain, redistribution par un système de canaux primaires et secondaires
dans les rizières.
Pratiquement, le système était pourtant loin d’avoir l’efficacité qu’on
voulait lui reconnaître : ces immenses plans d’eau s’envasaient en effet
rapidement et devenaient vite moins performants, voire inutilisables, à
moins que des travaux de curage, apparemment non attestés à Angkor,
n’interviennent pour leur rendre leur entière capacité. Le grand nombre de
baray sur le site d’Angkor témoigne moins d’un accroissement des terres
cultivées, et partant de l’augmentation de la population, que des limites du
système : pour schématiser, on peut dire qu’une fois qu’un baray était
asséché, il fallait en réaliser un autre. Il est clair cependant que
l’assèchement ne survenait pas du jour au lendemain, l’envasement prenait
plusieurs années. Le succès des souverains qui se sont succédé sur le trône
d’Angkor aura été avant tout de savoir gérer leur parc hydraulique avec
sagesse et de prévoir, le cas échéant, l’aménagement d’un nouveau baray
avant que les réserves en eau ne deviennent insuffisantes, en fonction de la
topographie de la région, comme au
Mebon occidental.
Les plus anciens baray, qui reposent probablement sur un modèle javanais,
sont disposés transversalement à l’écoulement des eaux et comportent trois
digues formant un U. ce procédé étant rapidement apparu insuffisant, on est
passé au réservoir clos sur les quatre côtés par des digues surélevées. A
ces baray, s’ajoutent des bassins plus petits et aux berges parementées de
pierre, les sras, souvent situés à proximité des temples. Voir chapitre «
Sra Srang »
Une autre forme de stockage des eaux est constituée par les douves qui
entourent la plupart des temples (Bakong) : cette innovation importante
apportée par les khmers au schéma classique du temple indien (où la source
est un puits et/ou un bassin) a certes une connotation symbolique puissante,
cependant il ne fait aucun doute que ces aménagements avaient aussi une
vocation agricole certainement autant que défensive et symbolique.
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