|
Au temps de l’apogée d’Angkor, l’agriculture,
essentiellement rizicole, assurait la subsistance d’une
population certainement considérable (même s’il est
impossible de la chiffrer correctement). Si l’on ne dispose
pas d’information sur le mode d’agriculture soit intensif
avec plusieurs récoltes annuelles sur une superficie
relativement réduite soit extensif avec une seule récolte
annuelle sur une aire géographique plus vaste, on peut dire,
en revanche, que le système économique angkorien tout entier
devait reposer en très grande partie sur la maîtrise de
l’irrigation. En cas de défaillance du système, la survie
même de l’Empire pouvait être remise en.
Une conjonction de facteurs politiques et humains
défavorables semble avoir conduit les ingénieurs khmers à
modifier complètement leur approche du problème de
l’irrigation dans le courant du 13e siècle. Cette nouvelle
approche s’inscrit dans l’ensemble des changements qui
semblent introduire l’affaiblissement progressif de l’Empire
Khmer, après le règne de Jayavarman VII. L’eau n’est plus
collectée et redistribuée par un pouvoir central mais
devient l’apanage du possesseur de la terre sur laquelle
passe le cours d’eau et où est établi un pont-barrage. La
montée en puissance des grands feudataires mais aussi des
petits potentats locaux et une tendance de plus en plus
nette au fur et à mesure de l’avancée de l’Histoire.
|