|
Quatre
types d’images de Vishnu faisaient l’objet d’une dévotion particulière
au Cambodge :
- La plus banale est celle de Vishnu à quatre bras. Le dieu tient disque
et conque dans ses mains supérieures, massues et petite boule figurant
la terre dans les deux autres. Contrairement à ce qui se passe du côté
du Shiva, cette iconographie se rattache sans problème au type le plus
courant qu’on connaît en Inde.
- Vishnu monté sur les épaules de l’oiseau mythique
Garuda est une autre
forme largement entre le début du 10e siècle et le 13e siècle. Le dieu y
porte ses quatre attributs habituels. Au Cambodge on attribue volontiers
la popularité de cette forme à l’importance donnée à Garuda qui est un
archétype des oiseaux puissants et porteurs, ennemis des serpents
omniprésents. |
|
|
|
-
Vishnu debout à 8 bras est une forme, nettement plus rare, qui apparaît
en liaison étroite avec l’idée d’un pouvoir universel, elle a un aspect
politique : si on en croit une inscription de la fin du 11e siècle, les
huit bras de Vishnu « maître du monde » sont associés aux huit
directions.
- Vishnu couché sur le serpent Ananta traduit un des mythes
indiens les plus populaires, celui du sommeil de Vishnu pendant un
intervalle entre deux créations cosmiques (qui s’achève par la naissance
de Brahma dans un lotus issu du nombril de Vishnu). |
|
Dès le
6e siècle, cette forme illustre de nombreux linteaux et quelques
frontons. Un schéma analogue est utilisé à la même période sur le Phnom
Kulen et sur les monts Dangrek : des images de Vishnu couché sur le
serpent y sont sculptées sur le bord du cours rocheux de la rivière de
façon à se trouver au niveau de l’eau au moment des
hautes eaux et donc à « flotter » comme le fait le dieu lorsque l’océan
recouvre la terre. Cette forme ajoutait au Vishnu, maître du monde, un
Vishnu maître des eaux et donc de l’irrigation, c’est-à-dire du maintien
du monde, la fonction majeure de ce dieu dans la tradition indienne.
|
|
|
|