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Sur la vie que mène le roi dans ses appartements privés,
Tcheou Ta Kouan nous dit seulement : « Chaque fois que
je pénétrais au palais, je vis le rois sortir avec sa
première épouse et s’asseoir à la fenêtre d’or de
appartements privés. Les gens du palais se rangeaient
sous la fenêtre des deux côtés de la véranda et se
succédaient pour voir ».
Le souverain tient audience chaque jour dans la salle du
Conseil richement décorée, où le roi et ses suivants
arrivent en grand apparat au son des conques marines.
Dès cet instant, tous les assistants se prosternent et
ne se relèvent que sur un nouveau signal sonore
indiquant que l’audience peut commencer. Parfois, le roi
tient conseil avec ses ministres, sur la terrasse
royale. Il est assis sur un trône surélevé, abrité par
de nombreux parasols, des serviteurs agitant au-dessus
de lui des éventails et des chasse-mouches. Le prince,
légèrement vêtu de tissus précieux, porte de nombreux
bijoux autour du cou, aux bras et aux chevilles et sa
tête est ceinte d’un diadème surmonté d’une tiare en or.
Il dicte ses ordres à un scribe sous le regard attentif
de ses conseillers accroupis à ses pieds, la main droite
sur le cœur en signe de respect et d’admiration.
Lorsque le roi quitte son palais pour se rendre à un
endroit proche, il est allongé sur un palanquin d’or
porté par des servantes du palais. Tous ceux qui
l’aperçoivent se prosternent, le front dans la
poussière.
« Si le souverain sort à l’occasion d’une solennité, il
est précédé d’un cortège fastueux : la cavalerie va en
tête parmi les étendards et les bannières, puis viennent
les étendards, les fanions, la musique. Des filles du
palais, au nombre de trois à cinq cents, en étoffes à
ramages, des fleurs dans les cheveux, tiennent à la main
de grands cierges et forment une troupe : Même en plein
jour, leurs cierges sont allumés. Puis viennent des
filles du palais portant les ustensiles royaux d’or et
d’argent et toute la série des ornements, le tout de
modèles très différents. Ensuite il y a des filles du
palais tenant la lance et le bouclier et qui sont la
garde privée du prince : elles aussi forment une troupe.
Suivent les voitures à chèvres, les voitures à chevaux,
toutes ornées d’or. Les ministres, les princes sont
montés à éléphants. Leurs parasols rouges sont
innombrables. Après eux, arrivent les épouses et
concubines du roi, en palanquin, en voiture à éléphant.
Elles ont certainement plus de cent parasols garnis
d’or. Derrière elles, c’est le prince, debout sur un
éléphant et tenant la précieuse épée. Les défenses de
l’éléphant sont enveloppées d’or. Il y a plus de vingt
parasols blancs garnis d’or et dont les manches sont en
or. Des éléphants nombreux se pressent autour de lui et
le protègent de la cavalerie. »
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