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L’habitat de la Cour Royale
Tchéou Ta Kouan a trouvé qu’Angkor était une cité
florissante malgré les difficultés que traversait alors
le royaume, à la fin du 13e siècle : « Le palais, les
demeures officielles et les maisons nobles sont toutes
orientées vers l’est… Le rang de chacun détermine les
dimensions des demeures. Les habitations des princes et
des grands officiers ont une autre disposition et
d’autres dimensions que les maisons du peuple. Tous les
communs et logements excentriques sont couverts de
chaume, seul le temple de famille et l’appartement privé
peuvent être couverts en tuiles.
J’ai entendu dire qu’à l’intérieur du Palais, il y avait
beaucoup d’endroits merveilleux mais les défenses sont
très sévères et il est impossible d’y pénétrer. »
De même que les habitations anciennes des gens du
peuple, les demeures des princes et des dignitaires
ainsi que les constructions en bois du Palais Royal
n’existent plus depuis longtemps. On peut toutefois se
faire une idée de l’aspect des bâtiments où demeurait le
souverain grâce à quelques précisions révélées par les
inscriptions et bas-reliefs de certains monuments sur
lesquels on reconnaît des représentations de pavillons
qui pourraient très bien se situer dans l’enceinte du
Palais Royal.
On peut dire que le Palais se composait d’un long corps
de bâtiment à un ou deux étages, de porches, de toitures
couvertes de tuiles rondes vernissées et colorées au
faîtage orné d’une crête en épi. Ce toit reposait sur
une série de fortes colonnes. Entre les colonnes des
vérandas pendaient des draperies qui maintenaient la
fraîcheur, elles étaient relevées le soir après la forte
chaleur de l’après-midi. Ces résidences royales
comprenaient en plus des appartements privés entourés de
plantations, plusieurs corps de bâtiments de communs.
D’autre part, nous savons que la Terrasse des éléphants
se présentait à la fin du 13e siècle comme un haut
soubassement de pierre dont la plate-forme supérieure
supportait une succession d’édifices en bois, couverts
de tuiles vernissées qui abritaient notamment la salle
où le roi recevait les ambassadeurs étrangers : « La
salle du Conseil a des châssis de fenêtre en or, à
droite et à gauche sont des colonnes carrées portant de
quarante à cinquante miroirs rangés sur les côtés des
fenêtres. En dessous sont représentés des éléphants. »
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