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Les coutumes
Si l’on en croit le chinois Tcheou Ta Kouan, les jeunes
gens, garçons et filles, élevés sans entrave,
présentaient des mœurs souvent relâchés. Les parents qui
avaient une fille à marier faisaient cette prière : «
Puisses-tu être désirée par les hommes ! Puissent cent
et mille époux te demander en mariage ». Concernant
justement le mariage, un Chinois contemporain de Tcheou
Ta Kouan, Ma Touan Lin, qui a aussi séjourné au
Cambodge, relate : « Celui qui désire se marier envoie
tout d’abord des présents à la jeune fille qu’il
recherche. Ensuite, la famille de la jeune fille choisit
elle-même un jour heureux pour faire conduire l’épouse
au domicile de l’époux, sous la garde d’un entremetteur.
Quand la cérémonie de noces est terminée, l’époux reçoit
une part des biens de ses parents et va s’établir dans
une maison à lui. »
Mais beaucoup d’hommes épousent des femmes qu’ils ont
d’abord connues comme maîtresses sas que cela constitue
pour le couple un sujet de réprobation ou de déshonneur.
La naissance d’un enfant arrive vite dans la vie d’un
jeune couple et Tcheou Ta Kouan nous fait part de son
étonnement sur la rapidité des relevailles de la mère :
« La nouvelle accouchée fait cuire du riz, le roule dans
du sel et se l’applique sur les parties sexuelles. Après
un jour et une nuit, elle le retire. Par là, la
grossesse n’a pas de suite fâcheuse et la femme garde
l’air d’une jeune fille. »
« Lors de la mort de leurs parents, les enfants ne
mettent pas de vêtements de deuil mais les fils se
rasent la tête et les filles se coupent les cheveux au
ras du front… C’est là leur marque de piété filiale.
Pour leurs morts, ils n’ont pas de cercueil, mais
seulement des sortes de nattes. Ils les couvrent d’un
drap… Arrivés hors de la ville, dans quelque endroit
lointain et inhabité, ils abandonnent le corps et s’en
vont. Ils attendent que des vautours, des chiens
viennent le dévorer. Si le tout s’achève rapidement, ils
disent que leurs parents avaient des mérites…
Le souverain est enterré dans une tour mais je ne sais
pas si l’on enterre son corps ou seulement ses os. »
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