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Khoubilaï réclama l’hommage du Japon mais nous
savons tous que les mongols (45.000 hommes)
dépaysés et leurs alliés sino-coréens (120.000
hommes) de médiocre valeur militaire, ne purent
tenir contre la furie japonaise. Finalement le
15 août 1281, un typhon terrible dispersa ou
détruisit l’escadre mongole qui, coupée de ses
bases, fut alors prise et massacrée.
Khubilai ne fut guère plus heureux dans le
Sud-est asiatique, pièce maîtresse de son
économie. Le commerce de la Chine dépendait en
effet assez largement de l’Indonésie, de Ceylan
et de l’Inde vers où elle exportait la soie
brute et travaillée et d’où elle importait en
échange les pierres précieuses, le sucre et
surtout les épices que la Chine appréciait plus
encore que l’Europe. Les navires qui naviguaient
entre la Chine, les îles de la Sonde et les
côtes orientales et septentrionales de l’Inde,
longeaient d’abord les rives de la péninsule
indochinoise car ils évitaient autant que
possible de gagner la haute mer.
Il était donc tentant de contrôler ces rives
puis d’installer des comptoirs dans les pays
fournisseur et clients, voire de les vassaliser.
L’Indochine était alors partagée entre quatre
grands états :
- Le royaume d’Annam (Tonkin et nord de
l’Annam), de culture sinisante,
- le royaume de Champa (Centre et sud de
l’Annam), de race malayo-polynésienne et de
culture indienne, brahmanique et bouddhique
- l’empire Khmer, de race môn-khmer, également
de culture indienne, brahmanique et bouddhique
- l’empire Birman, de race birmano-tibétaine et
de culture indienne et de religion bouddhique
En 1285, Khoubilai s’attaqua aux annamites et
envoya au Tonkin une armée nombreuse, commandée
par un de ses fils. Elle pénétra jusqu’à Hanoi
mais fut ensuite battue dans le delta du fleuve
rouge et rejetée en Chine. Une nouvelle
expédition mongole par le Tonkin occupa encore
Hanoi en décembre 1287 mais ne put s’y maintenir
et dut quitter le pays.
Le roi d’Annam, qui avait victorieusement
résisté à toutes les attaques, rentra alors en
triomphe dans sa capitale. Cependant, dès mars
1288, il jugea prudent de se reconnaître vassal
de Khoubilai.
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