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Au cours de l’année 1936, un paysan d’un
village voisin d’Angkor, voit apparaître en rêve le Bouddha
s’adressant à lui, en se plaignant de souffrir du poids des
pierres et de la terre le recouvrant. Il lui demande de
venir le délivrer à l’endroit qu’il lui indique : la plate
forme centrale du temple du Mebon, se trouvant au milieu du
grand Baray Occidental. Il faut savoir que,
traditionnellement, les Cambodgiens sont imprégnés, dès leur
plus jeune âge, par la religion bouddhique et qu’ils sont
généralement très pieux. C’est ainsi que leurs rêves peuvent
en être inspirés :
Répondant au vœu du Bienheureux, le paysan se munit d’une
pioche et d’une pelle et se met à creuser à l’endroit
indiqué mais, à peine a-t-il commencé qu’un violent orage se
lève et le paysan, effrayé par ce qu’il pense être la
réprobation du ciel, s’enfuit parmi les éclairs.
Revenu au village tout tremblant, il raconte son aventure
qui est rapidement rapportée à Maurice Glaize, le
conservateur d’Angkor de l’époque.
Ce dernier, quelque peu sceptique se rend tout de même à
l’endroit indiqué et quelle n’est pas sa surprise de
découvrir, parmi les débris de grès, les restes d’une grande
statue de bronze, composés notamment d’une tête, de deux
bras droits et d’un buste. Ces vestiges devaient se
rapporter à une statue colossale, la plus grande fondue au
Cambodge même et certainement une des plus monumentales
réalisées au Sud Est asiatique. Devant avoisiner les 6
mètres si l’on se rapporte aux proportions généralement
utilisées dans la sculpture khmère.
Elle représente le dieu Vishnu, reposant sur le serpent
Ananta, flottant sur les eaux primordiales pendant une
période intermédiaire entre deux ères cosmiques.
Il est probable que des métaux précieux comme l’or ou
l’argent devaient être incrustés dans les cavités marquant
les sourcils et la moustache et que les alvéoles des yeux
aient été occupées par des pierres précieuses.
Actuellement, cette magnifique statue de bronze peut être
admirée au Musée National de Phnom Penh.
Les voûtes
Très tôt, les civilisations du Moyen-Orient et de la
Méditerranée, et apparemment dans une moindre mesure, l’Inde
et la Birmanie, ont connu et pratiqué la voûte en plein
cintre. Il est étrange que le Cambodge ancien ne se soit pas
intéressé au principe de ce type de voûte relativement
facile à mettre en œuvre et qui permet une grande
flexibilité quant aux espaces à couvrir.
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