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Dans un pays où perpétuer la présence d’un dieu dans un
sanctuaire constituait un souci primordial, il était
naturel de prévoir comme couverture de ce sanctuaire un
matériau qu’on souhaitait impérissable. Pour ce faire,
les Khmers ont eu recours, dans un premier temps, à la
brique et, par la suite, à des dalles de grès.
Cependant, le système de couverture employé – la voûte
en encorbellement – allait limiter considérablement la
possibilité de franchir de grandes portées et/ou de
réaliser de vastes salles. Mais, en fait, ce besoin se
faisait-il vraiment sentir, puisqu’il n’y avait pas lieu
d’abriter un groupement important de fidèles et que de
vastes cours dans lesquelles se déroulent la plupart des
dévotions font partie intégrante des sanctuaires.
Peut-être faut-il y voir un parti pris ou simplement
constater que d’autres grandes civilisations telle
celles des Mayas et des Egyptiens, n’ont pas non plus
découvert cette possibilité ? |
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La voûte en encorbellement est
réalisée en superposant des assises horizontales de
brique ou de pierre, en surplomb les unes par rapport
aux autres. Ce procédé ne produit aucune poussée
latérale sur les points d’appui mais la défection d’une
seule pièce de l’ensemble entraîne couramment la chute
de la voûte toute entière. La voûte en encorbellement
peut-être à parois rectilignes ou courbes, suivant
l’avancée que l’on donne à chaque assise, l’une par
rapport à l’autre. De fait de son petit module, la
brique utilisée dans les sanctuaires pré-angkoriens a
produit des voûtes à intrados en pyramide, alors que la
dalle de grès, surtout utilisée dans le sens de la
longueur à l’époque angkorienne, a fourni des voûtes
plutôt courbes. Mais le profil de la partie vue de
l’intérieur (Intrados) n’a généralement que peu de
rapport avec la partie vue de l’extérieur (Extrados). |
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Ainsi le Bayon, avec ses tours à
visages, ne modifie pas le système de construction des
voûtes car les visages ne sont sculptés que dans
l’épaisseur du parement. Par ailleurs, seules ces voûtes
à encorbellement ont été utilisées par les anciens
khmers pour la construction de leurs ponts au long des
routes qui reliaient Angkor Thom aux principales villes
de l’Empire. J’espère avoir l’occasion de vous laisser
admirer en route l’un d’entre eux, un pont barrage dont
les nombreuses arches supportent vaillamment depuis huit
siècles et encore à ce jour le charroi aussi bien que
les crues de la rivière qu’il enjambe. |
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