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La vie quotidienne des anciens Khmers
 

Le monde des religieux

Tcheou Ta Kouan (Zhou Da Guan) identifie trois catégories de religieux au Cambodge :
- il y a tout d’abord des « lettrés » (pandita) qui, portant le cordon sacrificiel et atteignant à de hautes fonctions, sont visiblement ces brahmanes de la cour qui subsisteront jusqu’au 20e siècle sou le nom de Bakou.
- Viennent ensuite les moines bouddhiques, les temples qu’ils fréquentent sont d’après la description qu’il en donne tout à fait analogues à ceux qu’on trouve désormais dans les monastères theravadin du Cambodge ou de Thaïlande.
- Enfin, les derniers religieux sont des ascètes (tapasvin) et de « taoïstes », c’est-à-dire des « yogin » dans la terminologie sino-indienne ; certainement sivaïtes car ils rendent un culte à un « bloc de pierre » (c’est-à-dire au linga). Ils ont la tête couverte d’une étoffe rouge ou d’une étoffe blanche ; leurs monastères sont plus petits que les temples bouddhistes car « ils n’arrivent pas à la prospérité de la religion des moines bouddhiques » même si comme eux, il sont sollicités pour la défloration rituelle des jeunes filles, une activité rentable, semble-t-il. »

Les inscriptions sur les stèles suggèrent, par le dénombrement du personnel et des prestations que l’activité des temples était incessante et que le personnel religieux était très hiérarchisé. A sa tête se trouvent des dignitaires de l’entourage royal qui appartiennent souvent à de véritables dynasties sacerdotales, parmi lesquelles se recrutent les Vrah Guru, ces maîtres spirituels et chapelains des rois qui à la fin du 11e siècle tiennent même en main l’accès au trône khmer. Généralement alliées à la famille royale, récipiendaires de gratifications considérables, ces dignitaires semblent, à certaines périodes au moins, avoir organisé à leur profit une sorte de féodalisation des grandes charges religieuses, qui leur permet de régenter des domaines dépassant largement l’administration spirituelle du royaume.

Parallèlement à ces dynasties, on peut aussi noter l’existence des Varna, sortes de corporations regroupant des personnels en charge de différentes fonctions religieuses et garantissant à ces derniers le maintien héréditaire de privilèges financiers et sociaux.
Le personnel des temples est surabondant et lui aussi très hiérarchisé. Près de 100.000 hommes et femmes habitent les 5324 villages donnés au temple de Prah Khan que Jayavarman VII a élevé à la mémoire de son père.
Parmi eux, près de 50000 personnes chargées du culte et des tâches analogues auxquelles s’ajoutent plus de 4600 cuisiniers et près de 2300 servantes dont 1000 danseuses sans oublier les chanteuses, les pileuses d’aromates et les couturières d’une part, les porteurs de parasol, tresseurs de guirlandes, batteurs de tambours et les nombreux bergers ou paysans esclaves attachés à la culture des rizières d’autre part.
 

   

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