|
Tout ce personnel, serviteurs, officiants et autres,
sont entretenus sur les biens du temple qui est
également parmi les plus importants bénéficiaires
des exemptions d’impôts et autres taxes et corvées.
C’est dans le sanctuaire principal que le roi ou le
grand prêtre (lorsque le roi délègue ses pouvoirs)
viennent invoquer le dieu ou les dieux pour les
inviter à dispenser leurs bienfaits sur leur
personne et sur le royaume.
Des danseuses sacrées, des musiciennes et des
chanteuses agrémentent les cérémonies.
Ce lieu de prières n’est cependant pas identique à
ceux que vous connaissez en Occident. Le temple
Khmer n’est pas un endroit où le peuple vient louer
et implorer pour son compte personnel un être
suprême ou son messager mais il est plutôt la
résidence d’un dieu créateur de l’Univers qui,
sollicité par les puissants sur terre, a pour
mission d’assurer la prospérité du pays et de ses
dirigeants. Pour se concilier les bonnes grâces de
ce dieu, sous sa forme de pierre, on le sert et on
l’entretient comme on le fait pour un véritable
monarque sur terre : le matin, on le réveille et on
le toilette, trois fois par jours, on le nourrit
avec beaucoup de soins et, le soir, on le couche
avec tout un cérémonial. Tout au long du jour, des
musiciens viennent le divertir.
Le temple est donc la demeure du dieu et de son
parfait entretien dépendent les bonnes dispositions
de ce dieu, envers ses donateurs.
Les temples khmers sont aussi des tombeaux, car ils
deviennent la demeure du roi défunt, alors identifié
au dieu qu’il a choisi. Nous n’avons que peu de
renseignements sur les rites funéraires des anciens
khmers : on doit ici encore se référer aux relations
de Tcheou Ta Kouan et se reporter à ce qui se
pratique encore de nos jours, en pareilles
circonstances dans les cours cambodgienne et thaïs.
Les cuves funéraires qui ont été découvertes au
Cambodge - en tout une douzaine – ont été trouvées
vides. Elles sont relativement exiguës, ce qui
semble indiquer que le cadavre était placé en
position fœtale, symbole d’une nouvelle naissance.
Lorsque le corps était desséché et que le jour
favorable pour la crémation avait été déterminé par
les astrologues, on brûlait alors le cadavre et les
cendres récoltées étaient déposées dans une urne qui
trouve sa place dans le temple.
|