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De manière générale, les sculpteurs khmers ont mis en image, de façon
originale, les concepts théologiques reçus de l’Inde. Dans le domaine
des dieux brahmaniques Shiva et Vishnu, autour desquels se structure
l’essentiel du panthéon, sont bien là mais sous des formes peu
nombreuses. Leur entourage est réduit. Lorsque le caractère terrible est
indispensable à la vraisemblance iconographique, il ne se confond jamais
avec l’horrible comme souvent en Inde. S’agissant par exemple de
certains dieux gardiens des portes du temple ou encore des démons
(Asura), ils ne sont montrés que de façon très retenue : les Dvarapala «
terribles » ont des crocs discrets aux commissures des lèvres, quant aux
Asura, leur visage est celui d’un masque de théâtre caricatural, au nez
en forme de bec crochu. Plus caractéristique encore, les formes
terribles de Shiva ou de la déesse Kali sont tout simplement absentes du
panthéon cambodgien.
Ce panthéon réduit a été relativement stable pendant toute l’histoire du
Cambodge ancien. Au 10e siècle cependant, quelques formes brahmaniques
nouvelles apparaissent. Vous verrez ainsi à
Bantaey Srei, temple fondé
en 967, apparaître aux pieds de Shiva dansant une poétesse tamoule
divinisée, c’est-à-dire peu de temps après l’invention de son image en
Inde, ce qui repose très visiblement sur un retour direct aux sources
indiennes.
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