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Nous connaissons mal la façon dont les khmers
vivaient leur(s) religion(s) au quotidien, le tableau
très sommaire qu’en donne Tcheou Ta Kouan correspond à
un état tardif où l’activité religieuse semble se
regrouper autour des moines Theravadin. Son rapport nous
apprend que toutes les familles pratiquent le culte du
Bouddha, les moines vont prendre la nourriture dans les
familles, les enfants vont s’instruire auprès des moines
et enfin que l’on fait appel aux prêtres bouddhistes ou
shivaïtes pour la défloration rituelle des jeunes
filles.
« Entre sept et neuf ans pour les filles des maisons
riches et seulement onze ons pour les très pauvres, on
charge un prêtre bouddhiste ou un brahmane de les
déflorer… J’ai entendu dire que, le moment venu, le
prêtre entre dans l’appartement de la jeune fille, il la
déflore avec la main et recueille ses prémices dans du
vin… D’aucuns prétendent aussi que le prêtre s’unit
réellement à la jeune fille d’autres le nient… Comme on
ne permet pas aux chinois d’être témoins de ces choses,
on ne peut pas savoir l’exacte vérité… Avant cette
cérémonie, père, mère et fille dormaient dans la même
pièce. Désormais la fille est exclue de l’appartement et
va où elle veut, sans plus de contrainte ni de
surveillance... Il faut ensuite racheter la jeune fille
au prêtre par des présents d’étoffes et de soiries sinon
elle serait à jamais sa propriété et ne pourrait épouser
personne d’autre. » (Tcheou Ta Kouan)
En revanche, il ne dit rien sur le fonctionnement des
grands temples qu’il énumère, ni sur les pèlerinages que
pouvaient attirer certains lieux saints, ni non plus sur
les nombreuses fêtes qui rythmaient l’année.
Pour essayer de cerner les motivations de la religiosité
des anciens khmers, nous aurons certainement un grand
intérêt à détailler ensemble à Angkor Wat un témoignage
monumental fameux de pédagogie religieuse : le spectacle
de la frise des cieux et des enfers.
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